Mariam et Nicolas (un collègue et ami de Nicolas, faites un effort !), nous ont invité à la célébration marocaine de leur mariage en juillet dernier. Ils vivent tous les deux en France, et ont organisé leurs noces à Marrakech.
Ce mariage féérique restera longtemps dans nos mémoires.
Longue vie aux mariés !
Premier petit hic
Le mariage a lieu dans quinze jours et - ôôô malheur - je ne sais pas comment m’habiller.
La future mariée m’a assuré que la tenue avait peu d’importance, que je pouvais choisir de me vêtir d’habits traditionnels marocains ou d’un accoutrement européen, à ma guise. Euh, laissez-moi réfléchir. Je suis au Maroc, les caftans y sont sublimes (ça ne fait que la 3e fois que je le souligne), je vais à un mariage marocain…Ha oui, et si je mettais ce petit chemisier blanc à fleurs sur un pantalon noir à pince ? Non ?
Non !
Et Nico en redingote pendant qu’on y est !
Je me lance dans l’opération caftan.
Opération caftan – Fatima, vous me recevez ?
Fatima est une collègue et surtout l’une de mes plus chères amies au Maroc. J’apprends énormément de la culture locale grâce à elle et j’ai trouvé chez cette mère de famille unique en son genre, de belles valeurs, vigoureusement entretenues par un militantisme intelligent et probe.
J’arrive donc un lundi matin de début juillet, pleine d’enthousiasme à l’idée de faire part à Fatima de mes aspirations vestimentaires.
« Mais ma pauvre enfant, comment veux-tu avoir un caftan en quinze jours, c’est la période des mariages en ce moment ».
Je déglutis douloureusement.
La petite fille qui attendait
« Ha. On ne peut pas simplement aller en centre ville faire deux ou trois boutiques ? De toute façon, je n’ai pas un gros budget donc du sur mesure…»
Elle rigole.
« Ben quoi ? »
Nous allons quand même faire deux ou trois boutiques au centre ville (l’ancien, pour les lecteurs casaouis) et je comprends rapidement la signification du rire de Fatima. Evidemment, je ne trouve rien qui corresponde à mes attentes.
Elle me reçoit 5 sur 5
On passe au plan B
Fatima, pleine de ressources, m’invite à rencontrer son couturier qui se trouve à Hay Mohammedi, un quartier très populaire de Casablanca.
Selon les dires de Fatima en qui j’ai pleine confiance, ce quartier était le bastion indépendantiste marocain sous la présence française.
Elle m’invite à être prudente, et à tenir mon sac le plus fermement possible. Au passage, rien ne m’est arrivé dans ce quartier dans lequel je suis souvent retournée mais mon sac est tombé dans les mains de redoutables ravisseurs à l’arraché au sein de l’un des quartiers les plus rupins de Casa… Logique…
Nous nous dirigeons vers un centre commercial autour duquel s’animent pléthore de marchands plus ou moins ambulants.
J’ai beaucoup aimé cet endroit. Il m’a rappelé les immenses marchés colorés de Mexico et le plus modeste marché de Chanzy.
Oui, Chanzy, dans le 93. Îlot presque bourgeois, rendez-vous dominical immanquable des ménagères de moins de 50 ans rainçéenes, bondynoises, coubronnaises et autres livryennes…Je m’inclus dans le cercle desdites ménagères (mouarf).
Quelles similitudes ?
D’abord et surtout, les vendeurs. Les cris fusent à tout va et j’imagine très bien ce qu’ils pourraient signifier :
« 10 balles ou j’remballe » « Y’en aura pas pour tout le monde »
« Qu’elles sont belles mes baskets. Mes bababa…mes kékéttes….Mes baskets à un euro (10 dirhams, 11 pesos…) la paire »
« Des chaussettes, tu en veux ? En voilà !! »
« Messieurs, un homme bien dans sa tête ?....est un homme bien dans ses chaussettes ! »
(Réplique empruntée à un fameux vendeur de Chanzy qui me fit exploser de rire alors que je me baladais seule dans le marché…).
Ensuite, l’affluence.
Nous nous frayons un passage, tant bien que mal pour pénétrer le centre commercial tant la foule est compacte. Je parviens tout de même à rencontrer Sidi couturier (je ne me souviens plus de son nom, désolée).
Je raccourcis l’épisode de la confection du caftan et en arrive directement au jour J ! Le raccourci est navrant car des tas d’autres aventures m’ont amenée au caftan VF (Version Finale). Et oui, comme un doc Word de consultant, le versionning fut de rigueur, surtout pour les accessoires …
Armés d’un caftan sobre, classe et unique (youpi ya ya youpi youpi ya !!!!!) et d’un costume basique (désolée Nico), nous prenons donc la route vers Marrakech le samedi matin du mariage.
Nous nous rendons au Bled, une auberge formidable qui sera désormais notre unique point de chute à Marrakech.
Description rapide :
- Grande ferme construite près d’une source d’eau
- Cadre idyllique et nature foisonnante d’orangers, de citronniers, de figuiers…
- Un potager dans lequel sont pris les légumes servis aux différents repas
- Le même âne que dans Schrek, j’vous jure !
- Des poules et des faisans qui mettent l’ambiance
- Des chambres cosy, joliment décorées
- Un personnel attentif et discret
Merci à Antoine et Xuan-Daï pour cette suggestion !
Petit bémol : lorsque le taux d’occupation est à 100%, l’espace de vie se
rétrécit un petit peu trop…
Nous profitons de la journée paisiblement, lecture, piscine, repas léger…le rendez-vous n’est qu’à 19H30 et nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du lieu du mariage.
18h30 : Nous recevons un sms de Nico, le futur marié : « La mariée n’est pas prête, le RDV est à 20h ».
Il fait plus de 42°, le soleil brille encore. Nous retardons donc le moment de s’habiller et profitons des dernières douceurs du jour pour…ne rien faire !
19h30 : nouveau sms de Nico : “RDV à 21h”
Nous décidons de fêter leur union prochaine en s’octroyant un apéritif rafraichissant.
20h45 : Cette fois-ci nous appelons Nico. Il ne semble pas toujours pas très sûr des horaires.
Bref, nous arrivons au mariage aux alentours de 23h, pile quand les festivités débutent…
Le mariage se déroule, si j’ai bien compris (sinon Mariam me corrigera) dans un espace ouvert aménagé tout près de la maison des parents de la mariée. De souriantes dames nous accueillent chaleureusement et nous invite à déguster un verre de lait et des dattes. Cette petite mise en bouche engloutie (il est 23h15…), l’une d’elles nous accompagne à notre table, la table « des collègues ».
And now ….the show…is about...to begin !!
Aaaarrre yoooouuu rrreeeeaadddyyyyy????
Nous traversons la maison et arrivons dans un vaste espace recouvert d’épais tapis et très joliment agrémenté.
La quantité d’invités m’impressionne.
Nous patientons quelque peu, discutons avec nos voisins de table, écoutons l’orchestre traditionnel et nous laissons porter par la douce chaleur nocturne….
Quand soudain, venant de nulle part, surgit -non pas un aigle noir (mouarf)- mais Nicolas porté par un cheval !
Ses pas sont brusques et désordonnés. J’attends le moment où ses sabots feront voltiger les tables …ou le micro du chanteur. Non, je n’ai rien contre le chanteur, pourquoi ? :D
L’animal est aussi impressionné que moi par le nombre de personnes réunies et manque d’éjecter le futur marié.
Nicolas parvient finalement à maîtriser l’animal (chapeau bas). Quelle entrée !
Une concrétisation du prince charmant sur son cheval ( pas blanc) ! Là encore, les marocains ont le sens de la féerie !
Peu de temps après, arrive la princesse Mariam portée par quatre dames dans un…euh…qu’est ce que c’est déjà ?
... un porte princesse !
(Mariam nous donnera le nom, hein ?).
Un moyen de locomotion écologique et très fashion. Le porte princesse se customize pour aller avec vos tenues ! Mêmes les porteuses sont customizées. Vous en connaissez beaucoup des Prius customizables ? J’adore.
Bon par contre, le porte princesse est sympa pour les petits trajets. Pour les trajets plus longs, il faut nécessairement penser un système de roulement où la princesse devient porteuse et vice versa. Et il faut aussi que tout le monde aille au même endroit. …
C’est sûr, le concept est perfectible, je vous l’accorde.
Petite princesse deviendra reine
Quoi qu’il en soit, cette arrivée revêt Mariam d’une telle préséance que je n’ose aller lui parler. Il me faudra deux bonnes heures avant de trouver l’hardiesse d’approcher la reine…
Les deux icônes sont installés sur un trône. Nicolas a l’air de vivre Fantasia version marrakch. Ses grands yeux brillants sont très touchants.
Une aura magique entoure le couple à qui les plus grandes stars n’ont rien à envier. Les flashs crépitent de partout, un
caméraman (truc de ouf !) suit le moindre battement de cil des deux tourtereaux et je me demande quand Nelson Montfort va demander à Nico ses impressions (ben oui, ça relève du
Mariam brille au sens propre du terme. Ses vêtements sont somptueux, abondamment mais galamment décorés. Sans doute est-elle belle naturellement mais ce soir, ses ornements l’habillent d’une beauté qui semble intarissable. Je dis sans doute car je n’ai jamais rencontré Mariam avant le soir de son mariage. Alors bon….moi j’dis, y’a triche là ! ‘ttendez là les gars, faut pas déconner, c’est carrément pas juste, quoi !
Sans alcool la fête est plus folle !
Croyez-le ou non, c’est vrai !! Nous nous sommes beaucoup amusés !
La soirée se poursuit dans une ambiance de folie !
Les femmes, dont les caftans semblent faire un concours de magnificence, ne cessent de danser. Elles se relaient pour que jamais la piste ne soit vide. Certaines d’entre elles se distinguent par d’admirables pas de danse. Les hommes n’auront qu’à bien se tenir, et toc !
Il manque, il est vrai, le tonton Gégé que nous autres français, cachons tous dans nos familles, et qui, de pastis en whisky oublie peu à peu les règles élémentaires de bienséance. Dans tout mariage français qui se respecte, Tonton Gégé, enorgueilli par ses prouesses alcooliques, se jette sur la piste pour exécuter un approximatif twist, qui se terminera en chenille dans le meilleur des cas, je vous laisse imaginer le pire !
Chères amies qui vous mariez bientôt, choisissez un DJ de confiance, c’est tout simplement…
CA-PI-TAL pour parvenir à maîtriser votre Tonton Gégé....
Au revoir belle mariée. Que la vie t’offre joies et douceurs auprès de ton cavalier !

Merci pour la correction des horribles coquilles paupiette !
RépondreSupprimerPfff tu parles de tonton gégé mais meme pas de gremlins... SCANDALEUX !
RépondreSupprimer:D
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