vendredi 30 octobre 2009

Fermeture de ce blog






Retrouvez moi sur www.ameliamatar.fr !!

jeudi 15 octobre 2009

Travailler au Maroc, c'est....

…avoir du thé à la menthe en réunion…


…arrêter brusquement la réunion le vendredi « ha ! il est midi et le vendredi, ben, c’est permis !… »


…en RH, prévoir le congé de pèlerinage à la Mecque et discuter sa durée « Nan mais attends, deux mois, c’est quand il fallait y aller à pieds, non ? ha oui… :) »…


…sur la sécurité routière, prévoir les usagers de la route « Amélia, t’as prévu les stats sur les charrettes ? euh… les charrettes ? oui oui »


Et c’est aussi….


…inventer des nouveaux systèmes RH toute seule comme une grande….


« Bon alors je vous présente un nouveau système que j’ai appelé « le système à points ex nihilo »

Pourquoi ex nihilo ? Parce que je me suis couchée en me disant « ‘tain c’est compliqué, comment j’vais faire… » et je me suis réveillée avec un système.

Alors ce système est le suivant :

On va dire que tout le monde va recevoir une note sur 160

- pourquoi 160 ? et ben Monsieur, je vous demande, pourquoi pas 160 ?– Bon.

Ensuite, on va distribuer des points, par exemple le chef il aura 2, le chef du chef on lui donnera 3. Si le chef, il est chef depuis 10 ans, on va lui donner 4 , depuis 11 ans, 5… ET SI , il a un permis de conduire on va lui ajouter + 3, ET SI il est chauffeur, son permis lui donne 6, ben oui parce que là? son permis ça compte pas pour du beurre monsieur.


Quoi? Le chef ne peut pas être chauffeur ? Ha. Nan mais attendez, rassurez-vous, c’est du paramétrage tout ça, le principe est là, vous comprenez…». *


(et ils l’ont même gardé dites donc ! Nan mais j’avais fait ça bien, c’est un vrai système de psychopathe sous Excel avec des macros de ouf et tout, attends tu crois quoi ?!)… **


* Dans la réalité, celle où je ne peux pas parler comme une "débile gogole" sans courir le risque d'être enfermée, je suis sérieuse en réunion. Je fais la consultante avec un tailleur tout nickel, un Powerpoint si immaculé qu’on ne soupçonnerait même pas l’arnaque et des mots du genre :

«Hummm, notre approche s’appuie sur une démarche méthodologique éprouvée qui se décline en trois axes majeurs … »


** on ne dirait pas, mais en fait, il est bien ce système !

Blog Action Day 2009

http://www.blogactionday.org/

Pour le Blog Action Day 2009, j'ai choisi de vous présenter LE meilleur des mondes (by Monsieur Poulet : www.monsieurpoulet.com) et, plus sérieusement, la vidéo de présentation de google earth climate.





lundi 12 octobre 2009

Un mariage à Marrakech, il manquait tonton Gégé


Mariam et Nicolas (un collègue et ami de Nicolas, faites un effort !), nous ont invité à la célébration marocaine de leur mariage en juillet dernier. Ils vivent tous les deux en France, et ont organisé leurs noces à Marrakech.

Ce mariage féérique restera longtemps dans nos mémoires.

Longue vie aux mariés !


Premier petit hic


Le mariage a lieu dans quinze jours et - ôôô malheur - je ne sais pas comment m’habiller.

La future mariée m’a assuré que la tenue avait peu d’importance, que je pouvais choisir de me vêtir d’habits traditionnels marocains ou d’un accoutrement européen, à ma guise. Euh, laissez-moi réfléchir. Je suis au Maroc, les caftans y sont sublimes (ça ne fait que la 3e fois que je le souligne), je vais à un mariage marocain…Ha oui, et si je mettais ce petit chemisier blanc à fleurs sur un pantalon noir à pince ? Non ?

Non !

Et Nico en redingote pendant qu’on y est !

Je me lance dans l’opération caftan.


Opération caftan – Fatima, vous me recevez ?


Fatima est une collègue et surtout l’une de mes plus chères amies au Maroc. J’apprends énormément de la culture locale grâce à elle et j’ai trouvé chez cette mère de famille unique en son genre, de belles valeurs, vigoureusement entretenues par un militantisme intelligent et probe.

J’arrive donc un lundi matin de début juillet, pleine d’enthousiasme à l’idée de faire part à Fatima de mes aspirations vestimentaires.

« Mais ma pauvre enfant, comment veux-tu avoir un caftan en quinze jours, c’est la période des mariages en ce moment ».

Je déglutis douloureusement.

La petite fille qui attendait la Barbie princesse et qui a eu la Barbie Hard Rock n’est pas très contente. Encore deux minutes et je piétine en réclamant ma mère.

« Ha. On ne peut pas simplement aller en centre ville faire deux ou trois boutiques ? De toute façon, je n’ai pas un gros budget donc du sur mesure…»

Elle rigole.

« Ben quoi ? »

Nous allons quand même faire deux ou trois boutiques au centre ville (l’ancien, pour les lecteurs casaouis) et je comprends rapidement la signification du rire de Fatima. Evidemment, je ne trouve rien qui corresponde à mes attentes.


Elle me reçoit 5 sur 5

On passe au plan B


Fatima, pleine de ressources, m’invite à rencontrer son couturier qui se trouve à Hay Mohammedi, un quartier très populaire de Casablanca.

Selon les dires de Fatima en qui j’ai pleine confiance, ce quartier était le bastion indépendantiste marocain sous la présence française.


Elle m’invite à être prudente, et à tenir mon sac le plus fermement possible. Au passage, rien ne m’est arrivé dans ce quartier dans lequel je suis souvent retournée mais mon sac est tombé dans les mains de redoutables ravisseurs à l’arraché au sein de l’un des quartiers les plus rupins de Casa… Logique…

Nous nous dirigeons vers un centre commercial autour duquel s’animent pléthore de marchands plus ou moins ambulants.


J’ai beaucoup aimé cet endroit. Il m’a rappelé les immenses marchés colorés de Mexico et le plus modeste marché de Chanzy.

Oui, Chanzy, dans le 93. Îlot presque bourgeois, rendez-vous dominical immanquable des ménagères de moins de 50 ans rainçéenes, bondynoises, coubronnaises et autres livryennes…Je m’inclus dans le cercle desdites ménagères (mouarf).


Quelles similitudes ?


D’abord et surtout, les vendeurs. Les cris fusent à tout va et j’imagine très bien ce qu’ils pourraient signifier :

« 10 balles ou j’remballe » « Y’en aura pas pour tout le monde »

« Qu’elles sont belles mes baskets. Mes bababa…mes kékéttes….Mes baskets à un euro (10 dirhams, 11 pesos…) la paire »

« Des chaussettes, tu en veux ? En voilà !! »

« Messieurs, un homme bien dans sa tête ?....est un homme bien dans ses chaussettes ! »

(Réplique empruntée à un fameux vendeur de Chanzy qui me fit exploser de rire alors que je me baladais seule dans le marché…).


Ensuite, l’affluence.


Nous nous frayons un passage, tant bien que mal pour pénétrer le centre commercial tant la foule est compacte. Je parviens tout de même à rencontrer Sidi couturier (je ne me souviens plus de son nom, désolée).


Je raccourcis l’épisode de la confection du caftan et en arrive directement au jour J ! Le raccourci est navrant car des tas d’autres aventures m’ont amenée au caftan VF (Version Finale). Et oui, comme un doc Word de consultant, le versionning fut de rigueur, surtout pour les accessoires …


Armés d’un caftan sobre, classe et unique (youpi ya ya youpi youpi ya !!!!!) et d’un costume basique (désolée Nico), nous prenons donc la route vers Marrakech le samedi matin du mariage.


Nous nous rendons au Bled, une auberge formidable qui sera désormais notre unique point de chute à Marrakech.


Description rapide :

- Grande ferme construite près d’une source d’eau

- Cadre idyllique et nature foisonnante d’orangers, de citronniers, de figuiers…

- Un potager dans lequel sont pris les légumes servis aux différents repas

- Le même âne que dans Schrek, j’vous jure !

- Des poules et des faisans qui mettent l’ambiance

- Des chambres cosy, joliment décorées

- Un personnel attentif et discret


Merci à Antoine et Xuan-Daï pour cette suggestion !


Petit bémol : lorsque le taux d’occupation est à 100%, l’espace de vie se

rétrécit un petit peu trop…


Nous profitons de la journée paisiblement, lecture, piscine, repas léger…le rendez-vous n’est qu’à 19H30 et nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du lieu du mariage.


18h30 : Nous recevons un sms de Nico, le futur marié : « La mariée n’est pas prête, le RDV est à 20h ».


Il fait plus de 42°, le soleil brille encore. Nous retardons donc le moment de s’habiller et profitons des dernières douceurs du jour pour…ne rien faire !


19h30 : nouveau sms de Nico : “RDV à 21h”


Nous décidons de fêter leur union prochaine en s’octroyant un apéritif rafraichissant.


20h45 : Cette fois-ci nous appelons Nico. Il ne semble pas toujours pas très sûr des horaires.


Bref, nous arrivons au mariage aux alentours de 23h, pile quand les festivités débutent…

Le mariage se déroule, si j’ai bien compris (sinon Mariam me corrigera) dans un espace ouvert aménagé tout près de la maison des parents de la mariée. De souriantes dames nous accueillent chaleureusement et nous invite à déguster un verre de lait et des dattes. Cette petite mise en bouche engloutie (il est 23h15…), l’une d’elles nous accompagne à notre table, la table « des collègues ».







And now ….the show…is about...to begin !!

Aaaarrre yoooouuu rrreeeeaadddyyyyy????


Nous traversons la maison et arrivons dans un vaste espace recouvert d’épais tapis et très joliment agrémenté.

La quantité d’invités m’impressionne.


Nous patientons quelque peu, discutons avec nos voisins de table, écoutons l’orchestre traditionnel et nous laissons porter par la douce chaleur nocturne….

Quand soudain, venant de nulle part, surgit -non pas un aigle noir (mouarf)- mais Nicolas porté par un cheval !

Ses pas sont brusques et désordonnés. J’attends le moment où ses sabots feront voltiger les tables …ou le micro du chanteur. Non, je n’ai rien contre le chanteur, pourquoi ? :D

L’animal est aussi impressionné que moi par le nombre de personnes réunies et manque d’éjecter le futur marié.

Nicolas parvient finalement à maîtriser l’animal (chapeau bas). Quelle entrée !

Une concrétisation du prince charmant sur son cheval ( pas blanc) ! Là encore, les marocains ont le sens de la féerie !


Peu de temps après, arrive la princesse Mariam portée par quatre dames dans un…euh…qu’est ce que c’est déjà ?

... un porte princesse !

(Mariam nous donnera le nom, hein ?).


Un moyen de locomotion écologique et très fashion. Le porte princesse se customize pour aller avec vos tenues ! Mêmes les porteuses sont customizées. Vous en connaissez beaucoup des Prius customizables ? J’adore.

Bon par contre, le porte princesse est sympa pour les petits trajets. Pour les trajets plus longs, il faut nécessairement penser un système de roulement où la princesse devient porteuse et vice versa. Et il faut aussi que tout le monde aille au même endroit. …

C’est sûr, le concept est perfectible, je vous l’accorde.

















Petite princesse deviendra reine


Quoi qu’il en soit, cette arrivée revêt Mariam d’une telle préséance que je n’ose aller lui parler. Il me faudra deux bonnes heures avant de trouver l’hardiesse d’approcher la reine…

Les deux icônes sont installés sur un trône. Nicolas a l’air de vivre Fantasia version marrakch. Ses grands yeux brillants sont très touchants.


Une aura magique entoure le couple à qui les plus grandes stars n’ont rien à envier. Les flashs crépitent de partout, un

caméraman (truc de ouf !) suit le moindre battement de cil des deux tourtereaux et je me demande quand Nelson Montfort va demander à Nico ses impressions (ben oui, ça relève du 400 mètres haies).


Mariam brille au sens propre du terme. Ses vêtements sont somptueux, abondamment mais galamment décorés. Sans doute est-elle belle naturellement mais ce soir, ses ornements l’habillent d’une beauté qui semble intarissable. Je dis sans doute car je n’ai jamais rencontré Mariam avant le soir de son mariage. Alors bon….moi j’dis, y’a triche là ! ‘ttendez là les gars, faut pas déconner, c’est carrément pas juste, quoi !


Sans alcool la fête est plus folle !


Croyez-le ou non, c’est vrai !! Nous nous sommes beaucoup amusés !


La soirée se poursuit dans une ambiance de folie !


Les femmes, dont les caftans semblent faire un concours de magnificence, ne cessent de danser. Elles se relaient pour que jamais la piste ne soit vide. Certaines d’entre elles se distinguent par d’admirables pas de danse. Les hommes n’auront qu’à bien se tenir, et toc !


Il manque, il est vrai, le tonton Gégé que nous autres français, cachons tous dans nos familles, et qui, de pastis en whisky oublie peu à peu les règles élémentaires de bienséance. Dans tout mariage français qui se respecte, Tonton Gégé, enorgueilli par ses prouesses alcooliques, se jette sur la piste pour exécuter un approximatif twist, qui se terminera en chenille dans le meilleur des cas, je vous laisse imaginer le pire !


Chères amies qui vous mariez bientôt, choisissez un DJ de confiance, c’est tout simplement…

CA-PI-TAL pour parvenir à maîtriser votre Tonton Gégé....


Au revoir belle mariée. Que la vie t’offre joies et douceurs auprès de ton cavalier !

jeudi 1 octobre 2009

Je n’avais pas le temps, c’était le ramadan

Je n’avais pas le temps, c’était le ramadan
Le Ramadan s’est terminé récemment. Nous n’aurons vécu qu’une semaine de cette période atypique. Suffisamment pour en tirer quelques pensées.
J’ai tout entendu sur ce qu’est le ramadan. Sur ce qu’il faut faire et ne pas faire en tant que musulman. Il s’avère, que, comme tout ce qui a trait à la religion ici ou ailleurs, les gens en font une interprétation assez personnelle. Pour clarifier ce tohu-bohu, je consulte mon fidèle allié, Wikipédia.
Après quelques autres recherches du même genre, je pense modestement pouvoir tirer quelques grands traits du Ramadan.
Ne nous trompons pas, le Ramadan n’est pas :
- une période durant laquelle les musulmans ne vivent plus,
- durant laquelle il est interdit d’avaler sa salive (!!!!),
- durant laquelle il ne faut plus se laver les cheveux, éliminer tout artifice féminin et se transformer en Tatie Danièle, moche, velue et aigrie.

Non, non, le Ramadan, ce n’est pas cela. Ou alors, il me faut approfondir mes recherches.
Pour le moment, il me semble que le Ramadan est d’abord un mois saint, au cours duquel les musulmans sont invités à jeûner. Pourquoi jeûner ? Pour se purifier, pour comprendre la détresse du démuni, pour être davantage à l’écoute de son corps et de son âme. Il s’agit d’un moment de plein engagement dans la foi et dans la spiritualité. Le pratiquant est invité à se recueillir dans la prière et à faire preuve d’une grande auto discipline.
Si j’ai bien compris, c’est aussi…
…de trop longues journées, la faim qui tiraille, la soif obsédante, les nerfs à vifs…
…et le ftour !
Le ftour, la rupture du jeûne ravive les sourires et redonne des couleurs. Attendez une heure après le ftour et peu à peu les rues se remplissent et les terrasses de café sont envahies. J’ai adoré cette ambiance familiale : les rires nocturnes, les lumières des magasins, la foule dans la rue, les réunions entre amis…Le Ramadan m’est apparu comme une période propice à la communion familiale, au partage et à la générosité envers les plus pauvres
Bien évidemment, le Ramadan a aussi sont lots de désagréments (ben autrement, ce serait po drôle !). Par exemple, essayez de capter l’attention de votre interlocuteur à 17h, le vendredi, la dernière semaine de Ramadan ? Et bien, je vous conseille plutôt l’ascension du Mont Blanc ou la traversée de l’Atlantique en solitaire. Et entendons nous bien, c’est à nous, étrangers, de nous adapter ! Une fois que l’on sait ça, il suffit, de demander les informations cruciales le matin.
Ensuite, j’ai souvent entendu, même (et surtout) de la part de musulmans que le Ramadan était une période de gâchis alimentaire et de surconsommation effrénée. Rien de surprenant à mon sens. Il s’agit d’une fête religieuse. Un peu comme Noël, non ? Pour ma part, du 24 décembre au 01 janvier, chaque année, j’efface de mon vocabulaire le mot « décence » et me transforme, soit en ogre goulu les meilleures années, soit en aspirateur vivant les années où je suis en Martinique. La gloutonnerie excusée par la religion est…humaine je crois. Le petit Jésus à bon dos.